La prochaine révolution de l’IA en construction se jouera sur les chantiers

Par Pierre Custeau, CEO de CynQ
Notre présence à la 11e édition de Batimatech, les 29 et 30 septembre derniers au Palais des congrès de Montréal, a confirmé quelque chose d’important : l’intérêt pour l’intelligence artificielle dans l’industrie de la construction est bien réel. Mais elle a surtout confirmé, à mon avis, où se trouve le prochain grand défi.
La productivité. Et plus précisément, la productivité pendant l’exécution des projets.
Le Livre blanc dévoilé lors de l’événement met lui aussi cet enjeu en évidence. La construction québécoise doit améliorer sa productivité, et la numérisation fait partie des avenues incontournables pour y arriver : mieux exploiter les données déjà produites par les entreprises, développer leurs capacités d’analyse et utiliser l’intelligence artificielle pour optimiser certains processus.
Mais une question demeure : où l’IA peut-elle réellement créer le plus de valeur pour les entrepreneurs?
Ce qui m’a frappé à Batimatech, c’est que beaucoup d’innovations actuellement proposées se concentrent sur ce qui précède l’exécution d’un chantier : lecture des plans, estimation, take-off, gestion des risques, préparation et planification des projets.
Ces avancées sont importantes. Mais elles ne représentent qu’une partie du problème.
Une fois le chantier commencé, il reste énormément de potentiel inexploité.
Comment optimiser le séquençage des travaux? Mieux utiliser les ressources? Éviter le rework? Améliorer la coordination entre les équipes? Identifier plus rapidement les écarts qui affectent les marges de profit?
C’est là que je vois une occasion majeure pour l’intelligence artificielle.
Et c’est précisément là que CynQ a choisi de se positionner.
Notre approche consiste à utiliser les données et l’IA non pas simplement pour préparer un projet, mais pour améliorer son exécution et protéger la marge bénéficiaire de l’entrepreneur.
Un autre constat de Batimatech mérite également notre attention : plusieurs solutions technologiques sont développées sur mesure pour des entreprises particulières. Le sur-mesure peut être extrêmement puissant, mais il exige du temps, des ressources et des investissements que plusieurs entrepreneurs ne peuvent tout simplement pas consacrer à un projet technologique.
Le Québec compte une très forte proportion de petites entreprises dans le secteur de la construction. Il faut donc développer des technologies qui ne soient pas réservées aux organisations disposant d’équipes TI et de budgets importants.
La transformation numérique de la construction ne pourra pas reposer uniquement sur des projets sur mesure. Elle doit devenir accessible.
C’est, selon moi, l’un des grands défis des prochaines années.
L’industrie est prête. Les entrepreneurs reconnaissent la valeur de l’IA et de la technologie. Le besoin de productivité est là.
Maintenant, il faut passer de l’expérimentation à l’adoption.
Et surtout, passer de l’IA qui aide à préparer les chantiers à l’IA qui aide réellement à mieux les exécuter.
C’est là que nous croyons que se trouve une partie importante de la prochaine génération de gains de productivité dans la construction.
Pierre Custeau
CEO, CynQ